Lutte contre les animaux ayant le statut de gibier nuisible
Exemple du ragondin





L'arrêté du 26 juin 1987, confère au ragondin le statut de gibier. Mais lors de fortes augmentations de populations, consécutives à des conditions environnementales particulièrement favorables le ragondin est susceptible, de devenir indésirable. En effet., en cas de forte densité de population, il occasionne des dommages importants tels que dégâts aux cultures, attaques sur peupliers, destruction des digues, effondrement des berges de cours d'eau…




Face à cette situation, un second levier réglementaire - l'arrêté du 30 septembre 1988- peut être actionné afin de classer le ragondin parmi les organismes nuisibles c'est-à-dire les organismes " dont la propagation peut présenter un danger soit à certains moments, soit dans un périmètre déterminé, soit sur certains végétaux, produits végétaux et autres objets déterminés (annexe B - chapitre Ier - point ii) ".
Le dispositif de lutte obligatoire contre le ragondin ne pourra toutefois être mis en place qu'après autorisation préfectorale par voie d'arrêté, dont la validité ne peut excéder l'année civile. Cette décision préfectorale de classement dans la liste des animaux nuisibles ne sera prise qu'après avis du Conseil Départemental de la Chasse et de la Faune Sauvage.

Ce classement permet dans un premier temps de réguler les populations, par tir au fusil et par piégeage, techniques suffisantes face à des densités ne dépassant que peu ou moyennement les seuils de tolérance.




Cependant, certaines années, pour être efficace la lutte contre ce rongeur doit revêtir, un caractère collectif afin de faire chuter, très rapidement, de fortes densités de populations à un niveau acceptable, objectif que les 2 méthodes évoquées précédemment peuvent difficilement atteindre en raison, notamment, de l'importante main d'œuvre qu'elles sous-entendent.

S'impose alors le passage à une lutte chimique, c'est à dire l'utilisation d'appâts enrobés de substances toxiques rodonticides, dont la plus couramment utilisée, le bromadiolone, agit par effet anticoagulant. 
L'utilisation de ce toxique pour la destruction des ragondins est encadré par l'arrêté du 12 juillet 1979 modifié et doit obligatoirement être décidée par arrêté préfectoral. Celui-ci précise les périodes pendant lesquelles il peut être utilisé et les modalités d'emploi. Cette lutte est confiée aux fédérations départementales des groupements de protection des cultures en raison de la parfaite maîtrise des techniques d'empoisonnement qu'elle suppose pour parer à tout incident et éviter notamment l'intoxication d'espèces non ciblées. En outre le SRPV exerce un contrôle permanent sur la mise en œuvre de ces actions de lutte chimique.
Ce type de lutte permet de couvrir rapidement les zones infestées, même les plus difficiles d'accès.

En 2000 des arrêtes de lutte ont été pris dans les 4 départements de la région.